PIERRE MOUSTIER

Publié le par JIPEHEM

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img297.jpgPierre Moustier
 


Baptiste

Le passé se réveillait à l'aube, l'occupait toute la journée et ne le quittait qu'au milieu de la nuit lorsque le sommeil noyait sa mémoire, mais ce naufrage ne durait que quelques heures, ne laissait aucune trace et s'il arrivait ensuite à Baptiste de cligner les yeux ou de les fermer, c'était pour préciser mentalement un souvenir, vérifier une date, retrouver une émotion de jadis, apprendre par cœur un propos révolu. On pouvait penser qu'il se désintéressait du présent et se moquait de l'avenir.

Postée à l'écart du village sur une terre pelée, sa maison imposante vieillissait comme lui et semblait y prendre plaisir. Entre lézardes, cloques et verrues, la façade perdait son crépi par morceaux ou par plaques, qui éclataient sur le sol pour se réduire en poudre. Il vivait au rez-de-chaussée sans la compagnie d'un chien, d'une arme ou d'une pipe, ignorait les craquements anormaux du premier étage, le trafic des rats au second, celui des oiseaux de nuit au grenier, et ne traversait les herbes folles de son jardin que pour gagner la campagne, acheter aux paysans une nourriture de moine.

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…- Mais je ne suis pas seule, répondit Julie. FIN.


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