HOPITAL SANGLANT(suite)
Bien entendu, c'était trop pour le bellâtre. Jamais il ne pourrait se passer de l'Anne atomique. Mais l'Anne rit de cet amour irraisonné qui résonne comme un tambour dans le cœur meurtri du quadra.
La famille du découpé avait porté plainte contre Dick, contre l'hôpital, contre Baulse, contre tous, contre tout et contretemps. Gênant pour le chirurgien amoureux, mais qu'importe l'ivresse, pourvu qu'on ait le flacon. Tant qu'il verrait le corps d'Anne à ses côtés… Dick, tâteur, la prendrait bien par-dessus, par-dessous, par devant, par derrière, par terre, c'est la faute à Voltaire….
-Accusé levez-vous!
-?
-Le professeur Baulse vous a distinctement vu sectionner l'artère au Phil Deferre, ici absent pour cause de décès prématuré. Niez-vous les faits?
-Il nie, dit Rondayle, son avocat désespéré.
-Mais comment?
-Comme ça: je nie à l'idée.
-Très bien. Vous êtes complètement fou et je vous condamne à rejoindre Sainte-Anne. L'audience est levée!
Baulse, frustré, se fit muter à Sainte-Anne en récitant à tue-tête: l'hiver nous irons dans un petit wagon rose avec des coussins bleus….