AVATAR
Pierre-jean Coze, critique au
FIGARO-PARISIEN DE BANLIEUE.
Le cinéma est-il un art ou une industrie? Est-il le septième art ou l'industrie la plus rentable?
Si c'est un art, alors Avatar n'est pas du cinéma, par contre si c'est une industrie, c'est une réussite. Ah, vantard!
Au nombre de billets entassés, Avatar est un grand film. La critique comptabilise les dollars critères de succès, et les livres, eux se vendent au poids.
Mon fidèle valet, je veux dire mon assistant, Alain Primeur, celui qui va voir les films à ma place ce qui m'évite d'être influencé pour mes critiques, qui l'a vu en long, en large et en profondeur, parce que c'est quand même de la 3D, est sans appel: "Bof". Le scénario est truffé d'emprunts de tous côtés comme Moebius par exemple, mais soyons clair, l'important n'est pas le scénario, ni même le film, mais le logiciel, l'exploit technique… En un mot, on nous dit: "Qu'est-ce que c'est beau ce que je viens de faire!" Tout le reste, on s'en fout, comme on se fout de nous.
Tip, top, tap, tape à l'œil. Avatar se résume donc à un simple exploit technique très spectaculaire et très laid, ce qui est tout le contraire d'une œuvre d'art qui doit relever du mystère. Regardez mesdames zé messieurs ce que je sais faire avec un ordinateur et passez à la caisse. Regardez le pouvoir de la technologie alors que l'on est encore à se demander comment Léonard a peint le sourire de La Joconde.
Donc, si vous pensez que le cinéma est une industrie vous pouvez y aller, sinon payez-vous plutôt un bon vieux dessin animé fait main, comme par exemple "U".