IL M'AIME, MOI NON PLUS
-Dites donc, votre Ignoble Grandeur, vous m'avez l'air bien las.
-Evidemment que je suis là, puisque je suis ici. Vous êtes idiot, non?
-Vous ne comprenez pas…
-Allez donc, traitez-moi d'imbécile, pauvre crétin!
-Jamais de la vie, Immense Putride Pourriture, je ne me le permettrais pas. En fait, je ne dis pas que vous êtes ici, mais que vous êtes las. Vous n'êtes pas là, vous êtes las! Pas Ici, Las!
-Ici ou là, c'est pareil! Si je suis ici, c'est que je suis là, et toi tu vas finir par n'être plus nulle part, stupid idiot!
-Vous êtes là et bien las.
-Ah, il en convient, enfin!
-Mais Grandiosité Diabolique, ce que je veux dire, c'est que vous êtes fatigué; las, comme lassitude…
-Oh oui, en effet, tout à fait correct. Je suis extrêmement fatigué.
-Mais pourquoi donc, Formidable Méchanceté?
-Je suis fatigué de ces gens qui ne veulent pas reconnaître tous les efforts que je fais rien que pour leur bien. Le peuple, les jeunes, les vieux, les étrangers, et tous ces chiens de politiciens… Tous!
-Comme vous y allez, votre Immensitude!
-C'est eux qui n'y vont pas. Tous contre Un. Tous contre Moi! Et toi petite insolente larve de vermisseau, tu es de leur côté!
-Que nenni, point du tout, non pas…
-Oh que si! Oh que si! Les journalistes, vous êtes tous des pédés!
-Pas tous, votre Hauteur, pas tous…
-Bien sûr, pas ceux qui écrivent sous ma dictée, eux en plus, ils sont fourbes.
-Bon, alors qu'allez-vous faire maintenant?
-Rien!
-Rien?
-Rien de plus, rien de moins. Comme toujours, je ferai ce que je veux. C'est pour le bien du peuple que je suis contre lui.
-..?
-Un grand chef doit savoir se faire détester par son peuple, car il le lui rend bien. Bien, je dois vous quitter, j'ai deux ou trois têtes à découper…