LE PREMIER FEVRIER
-Que fais-tu donc ici, devant moi, ridicule vermisseau?
-C'est aujourd'hui mon anniversaire, Ô Ignoble Cruauté.
-Oh, et quel âge, en admettant que ça m'intéresse?
-63, c'est l'âge où l'on meure.
-Tu veux qu'on te fusille?
-Non, non, mais beaucoup d'hommes meurent à cet âge, comme Gainsbourg par exemple.
-Connais pas! Que veux-tu petite crotte? Qu'on te coupe la tête?
-Mais non. Que vous êtes tranchant! Vous pourriez me faire le cadeau de vous en aller?
-Quoi?
-Oui, parce que les dictateurs, vous avez la sale manie de vivre à des âges canoniques. Si vous consentiez, votre Infinie Hauteur, à partir maintenant, ce serait un beau cadeau à pas cher qui vous ferait honneur.
-Vous tenez vraiment à être décapité, minuscule homoncule.
-Dieu m'en garde! Non, mais regardez autours de vous: la Tunisie, l'Algérie, l'Egypte... Tout-ça, tout-ça... C'est la révolution et la fin des dictateurs.
-Je pouffe!
-Vous avez tort!
-Vous croyez?
-Ben oui, ça fait pas un pli.
-Pauvre petit rêveur judéo-socialo-communo-maçonnique d'extrême gauche irrécupérable, ne sais-tu pas que les révolutions(un tour complet sur soi-même) finissent irrémédiablement par une terrible dictature, longue et cruelle?
-Ça va pas!
-Mais si, mais si. Regardes vermine: la révolution française,la révolution bolchévique, la chinoise, l'Iran....
-Euh..?
-Une révolution doit être faite par des professionnels -On dit alors:coup d'état-, sinon c'est le chaos et le plus méchant finit par tout contrôler. C'est la loi.
-Alors, vous restez?
-Gagné! Autre chose?
-Euh... Non.
-Je peux?
-euh... Oui.
(Je l'aurai, un jour, je l'aurai!)